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SKIN OF THE CITY - MANUEL BENCHETRIT

September 15, 2019

With "Skin of the city", I explore architectural projects on billboards and palisades, mainly in Kuwait City, Abu Dhabi, Dubai and the satellite emirates. These advertisements are generally developed on a 3D drawing software at the request of the sponsor or extracted from simple image banks. A visual marketing that often replaces the work of architects and sometimes the very realization of the project itself. The hyperrealism of these images fascinates, as it seems to be endowed with a power of self-realization. With a symbolic importance combined with their proliferation, these advertisements are no longer images. They "make" the city. They are "a piece of the city". These images sometimes promote new cities that will never be built, or that will be built but will never be inhabited. Images-showcase for city-windows. Images-mirages that cover the urban body like a skin. By the alterations of these images, we can see the signs of time, like the age on the skin. Faults, folds, scars, erasures denounce the ephemeral ostentatious consumerism. These erosions are aggregated into a palimpsest of which I seek to flatten the strata with the photographic medium: I play with the confusion between the image-object and the photograph-representation ... An optical game that intends to echo the advertisements of which illusionism is betrayed by their own alterations. The skin of the cities, the illusory projections and the organic finiteness that it carries apostrophes our perceptions of urbanity, in a picture which incarnates for me a contemporary and spontaneous form of vanitas, a kind of memento mori of the city.


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Avec « L’épiderme de la ville », j’interroge des images de projets architecturaux figurant sur des panneaux publicitaires et des palissades de chantier, principalement à Koweït City, à Abou Dhabi, à Dubaï et dans les émirats satellites. Ces publicités sont en général élaborées sur un logiciel de dessin en 3D à la demande du commanditaire ou extraites de simples banques d’images. Un marketing visuel qui se substitue souvent au travail de conception des architectes et parfois à la réalisation même du projet. L’hyperréalisme de ces images fascine, tant il semble être doté d’un pouvoir d’auto-réalisation. Avec une importance symbolique conjuguée à leur prolifération, ces publicités ne sont plus des images. Elles « font » la ville. Elles sont « de la ville ».


Ces images font parfois la promotion de villes nouvelles qui ne se construiront jamais, ou qui se construiront mais ne seront jamais habitées. Images vitrines pour villes-vitrines. Images-mirages qui recouvrent le corps urbain comme un épiderme. Par les altérations de ces images, on voit affleurer les signes du temps, comme l’âge sur la peau. Les failles, les plis, les cicatrices, les effacements dénoncent l’éphémère du consumérisme ostentatoire.


Ces érosions s’agrègent en un palimpseste dont je cherche à aplatir les strates avec le médium photographique : je joue avec la confusion entre l’image-objet et la photographie-représentation… Un jeu d’optique qui entend faire écho aux publicités dont l’illusionnisme se trouve trahi par leurs propres altérations. L’épiderme des villes, les projections illusoires et la finitude organique qu’il porte apostrophent nos perceptions de l’urbanité, en un tableau qui incarne pour moi une forme contemporaine et spontanée de vanita, une sorte de memento mori de la vi(ll)e.

THE ARTIST

MANUEL BENCHETRIT

Self-taught, he is interested in the urban phenomena. His reflection on the flow and transitions of the city interacts with that of Dr. Roman Stadnicki, researcher in geography (University of Tours, France).

Manuel Benchetrit lived several years in the Arab world, and these cities have become a major source of inspiration. Today he lives and continues his research from Marseille, France.

He has recently exhibited at Fotolimo 2018, the New York University Institute in Abu Dhabi (2013) and the Rendez-Vous of History (Blois, France, 2018). The journals La Revue du Crieur n °8 and Urbanisme n °409 have shown his work in 2017 and 2018. He has also contributed to several academic papers written by Roman Stadnicki in Arabian Humanities n°11, Revue Marketing Territorial n°2, City vol 18 n° 6, Carnets de Géographes n°4, Techniques & Culture n°61.



Autodidacte, il s'intéresse aux phénomènes urbains. Sa réflexion sur les flux et les transitions de la ville interagit avec celle du Dr Roman Stadnicki, chercheur en géographie (Université de Tours, France). Manuel Benchetrit a vécu plusieurs années dans le monde arabe, dont les villes sont devenues une source d'inspiration majeure. Aujourd'hui, il vit et continue ses recherches à Marseille. Il a récemment exposé à Fotolimo 2018, au New York University Institute d'Abou Dhabi (2013) et au Rendez-vous de l'histoire (Blois, France, 2018). Les revues La Revue du Crieur n ° 8 et Urbanisme n ° 409 ont montré son travail en 2017 et 2018. Il a également contribué à plusieurs articles académiques écrits par Roman Stadnicki dans Arabian Humanities n ° 11, Revue Marketing Territorial n ° 2, City vol 18 n ° 6, Carnets de Géographes n ° 4, Techniques & Culture n ° 61.